Fête du travail au Burundi : une jeunesse sacrifiée sur l’autel du chômage

Chaque 1er mai, le monde célèbre la Journée internationale du travail et des travailleurs. Au Burundi, cette journée devrait être une occasion de reconnaissance et de promotion des droits des travailleurs, y compris ceux des jeunes. Pourtant, au Centre pour le Renforcement de l’Éducation et du Développement de la Jeunesse (CREDEJ), nous ne pouvons célébrer sans évoquer la dure réalité d’une jeunesse exploitée et négligée.

Depuis la crise politique et économique de 2015, l’accès à l’emploi au Burundi est devenu un privilège. De nombreux secteurs qui autrefois absorbaient une grande partie des jeunes diplômés, notamment l’éducation et la santé, recrutent aujourd’hui de manière sporadique et opaque. Une situation confirmée par plusieurs témoignages de jeunes au chômage depuis près d’une décennie.

Dans plusieurs institutions publiques, et enterprises privées contrôlée par la sphère politique au pouvoir qui y détient des actions sécrètes, Il est regrettable qu’il y ait une politique bien coordonnée qui veut utiliser gratuitement le capital humain des jeunes comme stagiaires à long terme pour échapper à des engagements d ‘offrir des emplois avec contrat. La jeunesse est manipulée à outrance, la victime qui est victimisée.
Des jeunes professionnels, motivés et compétents, offrent leur force de travail pendant des années dans l’espoir d’un contrat qui ne vient jamais. Les exemples les plus parlants sont des situations des vacataires-enseignants , des stagiaires médecins au Roi Khaled exploités et des médecins (qui sont en syndicat) qui ont été arrêtés et torturés. Tous reclamment impuissament leurs droits en vain. Ces systèmes de volontariat déguisé, privent ainsi ces jeunes de toute forme de reconnaissance professionnelle et sociale.
Des salaires de misère, aucune sécurité sociale
Lorsque certains jeunes finissent par décrocher un emploi, les conditions sont souvent inhumaines : salaires insuffisants, absence de couverture médicale, non-paiement des cotisations sociales. L’argument avancé par les employeurs ? « Si tu refuses, d’autres attendent à la porte. » Une logique qui banalise l’exploitation et renforce la précarité.

Comment espérer un Burundi émergent à l’horizon 2040, si sa jeunesse véritable moteur de développement est abandonnée à elle-même ? Le CREDEJ interpelle les autorités : la protection des jeunes travailleurs et la stricte application du droit du travail ne sont pas des faveurs, mais des obligations.

Il est temps d’agir, de créer un cadre favorable à l’épanouissement des jeunes talents, et de restaurer leur dignité à travers un emploi décent, rémunéré équitablement, et respectueux des droits humains.

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